Ange, plus de 35 ans, Europe  


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Histoire d'un nick
C'était un jour comme un autre, mais dans un monde virtuel qui pour un instant était devenu réel. Lasse d'être la proie du chien de garde du 'réseau' et de ses deux mesquines acolytes, poursuivie par un infatigable harceleur et dupée par un faux-jeton manipulateur, je décidai d'enregistrer un nick de réserve, pour le cas où il me deviendrait nécessaire voire vital de leur faire perdre ma trace... tactique peu convaincante — j'en conviens — vu le nombre réduit de connections depuis mon pays. Ce détail n'étant cependant pas une preuve irréfutable de mon identité, je laissai exister le doute et fis confiance à ceux qui jusque-là m'avaient offert leur amitié, sans pour autant oublier d'inventer d'autres origines pour les trois lascars et leur meute de lamers lèche-bottes.

Pourquoi Alysee?
Le nick Ange était utilisé. Or, je me suis toujours fait un devoir de ne pas prendre aux autres ce qui leur appartient. C'est pourquoi, après en avoir essayé plusieurs, je me lançai à la recherche d'un nom qui à la fois me ressemblerait et serait nouveau pour toute la communauté virtuelle. La première fois que je pensai à Alysee, je vaguais en songe dans les eaux des Caraïbes, après avoir revu dans une émission Tatum, un modèle connu à l'époque. Elle parlait de son mari, disparu en mer, et de sa petite fille Alizée, aujourd'hui chanteuse connue en France. C'était bien longtemps avant que ce 'réseau' n'existe.
    Dans mon rêve soufflaient les vents chauds de ces magnifiques îles, les Alizés... avec accent, impossible de l'utiliser, pensons donc: Alizes. Non! aussi pris. Après quelques essais, je me décidai pour: Alysee. C'est ainsi que naquit ce joli nom, originaire de la cellule de Hadley. ;-)

Sur les chemins parallèles
Après une longue période passée discrètement à l'ombre des channels plus ou moins conventionnels et par un concours de circonstances qui m'obligeât à solliciter l'aide d'un opérateur (cela ne m'était arrivé qu'une dizaine de fois en 7 ans), je fis la connaissance de celui qui allait devenir mon âme, ma vie.
    Du haut d'une liste de vertus que d'autres se plaisent à énumérer, moi... qui n'avait pour seul vice reconnu que d'agacer et faire fuir les gens avec ma franchise et mon exceptionnel don de manipulation, je me vis, emportée par la curiosité et ma soif de connaissance, entrer dans un monde que jusqu'alors j'associais à la plus pure et abjecte déchéance, un lieu où la vertu était tabou et où récompensés étaient celles et ceux qui s'humiliaient, se rabaissaient, souffraient le martyr en mains et pour le plaisir égoïste, cruel et sadique de leur bourreau. Voilà donc les préjugés tels que l'ignorance me les dessinait, quand ce n'était pas l'éducation reçue, un dogme, une propagande religieuse, la famille... voilà ni plus ni moins, disais-je, que la censure de la libre pensée.
    Et alors que du fond d'un canal je me plaisais à travailler mon analyse par ma méthode préférée: observation, humour, cynisme et ironie, je compris qu'une partie de ma vie avait toujours désiré se fondre dans ce monde et l'adopter à sa manière. Je revis aussitôt toutes mes années passées, perdues à cultiver dignité, servitude, discipline, abstinence souvent, au nom d'une vertu: la grandeur d'âme. Je me demandai alors si cela en avait valu la peine, si le sacrifice était digne de la prise de conscience de cette découverte et, surtout, si j'avais réellement réussi! ou ne m'étais-je pas plutôt laissée aveugler par mon ambition et avais-je vécu comme une personne imbue d'elle-même.
     Ne croyez pas que d'ange je me sois convertie en démon, au contraire. Mon but n'a été que de m'améliorer, au fur et à mesure que je buvais cette expérience, aux côtés d'un usager que j'avais élu comme ma victime... oui, vous avez bien lu: victime. J'avais décidé de lui jeter un sort, le convertir en un être de lumière, de changer ses vices en vertus, de le sortir de ce gouffre que je pensais maléfique et le ramener dans mon monde, celui que jusqu'à ce jour je considérais comme le seul et unique digne d'y vivre en harmonie.
    Mon travail commençât par le choix d'un nouveau ircname. Jusqu'à présent je portais celui de 'coto de caza privado' (chasse gardée). Je me décidai pour 'guardando il diavolo negli occhi' (en regardant le diable dans les yeux). De même le canal principal fut réactivé, après un long sommeil, et reçu le topic de 'Seule une âme noble sait regarder le diable en face et lui faire baisser les yeux'. Oui, vous voyez, la modestie était ignorée volontairement. Cela était nécessaire pour me permettre de progresser dans ma recherche du bien enfoui dans cet être qui se plaisait à se vautrer dans la luxure en adoptant un mode de vie de plus en plus indécent. Il était la dépravation même et mon devoir était de le sauver.
    Or, bien plus tard, je me rendis compte qu'en fait ni lui ni moi n'avions autant de vertus ni de vices, mais étions tout simplement des êtres normaux, valorisant jour après jour le bien et le mal selon nos principes et scrupules. De même il me fut clair que mon ancien ircname 'chasse gardée' continuait d'exister en moi. Dans toute sa splendeur il me rappelait à son souvenir. Je réalisai que j'étais devenue une chasse gardée, la sienne... celle de ma proie. Alors dans les moments de délires ma nature dominante s'effaçait, laissant place à un rêve inavoué: je vivais en minuscules, avec un collier de soumise, voire même d'esclave, alys{...}. Comme vous le comprendrez, la discrétion m'oblige à ne pas écrire ses initiales.

Entre songe et mensonge
Il y a des rêves si intenses, si délicieusement longs, qu'ils semblent réels. Plongée dans un merveilleux nuage, je me délectais ignorant les signes avant-coureurs de mon imminente chute... signes qui tout à coup me firent perdre l'équilibre et tomber ainsi précipitamment dans la vérité. Je pris alors conscience avec une grande tristesse que ce n'était qu'un songe et ressentit un froid insupportable. La peur s'empara de moi, m'entraînant dans le vide avec un grand sentiment de solitude et de misère. Je me débattis, en appellai à la logique, à la sincérité. J'essayais de comprendre. Je me remis en mode observation et mon analyse demontrât que j'avais ignoré certains signes précurseurs, certaines normes lamentablement essentielles pour que le rêve se réalise, d'insignifiants détails qui déjà annonçaient la fin. Oui, depuis le commencement, la fin était écrite, car pour vivre ses rêves, ce rêve!, il fallait être deux.
    Je n'ai commis qu'une faute: je voulais, comme tous, pour un instant moi aussi avoir droit au bonheur, celui qu'eux ont et cachent derrière leur égocentrisme. Je ne pouvais m'en prendre qu'à moi-même, pour avoir cru, pensé, fait confiance, avoir eu foi en l'amour, avoir... trop aimé. Et pourtant je ne peux admettre que tout ceci n'est qu'une utopie, dès lors que si moi je suis capable de vivre cela, d'autres aussi!! non? Si je ne suis pas la seule, où sont donc alors les autres? quand vais-je les rencontrer? trop tard? jamais? Une question, en un mot, juste un... qui pourra répondre?: pourquoi?

Que de tourmentes!
Bien du temps passa jusqu'à ce que je reprenne la plume. Tant de jours tristes et de nuits agitées à essayer de comprendre ce qui arrivait. Combien de questions et d'heures passées à revivre ces si belles semaines de rêve... je ne les compte plus. Quel merveilleux souvenir!! témoin d'un passé trop court et intense, trop vite vécu pour lui permettre de créer des racines qui se seraient prolongées sinon dans le futur au moins dans le présent.
    Il fallait qu'il s'en aille, il fallait nous séparer. M'étais-je trompée? Qu'elle erreur avais-je commise? Pourquoi devais-je tout le temps lui reprocher sa façon de vivre? Pourquoi vouloir le changer? Il m'avait attiré ainsi, pourquoi donc vouloir qu'il adhère ensuite à mes concepts, mes principes, qu'il ait mes scrupules? A tâtons dans mes idées embrouillées je cherchais la réponse. En même temps, croyant pouvoir arranger les choses, je l'appellais, le suppliais de m'expliquer, de me dire que faire pour reprendre mon rêve. Mais le voulais-je vraiment? Sentant qu'il vivait ses propres tourmentes, avais-je le droit de lui imposer les miennes?
    Il me demandait du temps, de la patience, beaucoup de patience et encore du temps. Ma nature passionnée se rebellait, elle ne pouvait accéder à sa demande. Elle avait besoin de son contact. Mon désir redemandait à être partagé, consumé. Mais il insistait, il ne voulait plus de discussion, plus de nuits blanches, juste un peu de patience. Aussi, je le perdis. Les heures passées ensemble, jour après jour, sans relâche, sans écouter la fatigue, devinrent des secondes parsemées dans la semaine, où un simple bonjour était déjà trop parler. Je dûs m'y faire, le laisser libre de vivre à son rythme et espérer qu'un jour il me reviendrait, au moins comme ami... au moins ainsi.

14 avril - 12 mai 2003


Alma rota (31 mars 2007 5h51)
Ce ne fût pas le cas. Aujourd'hui je me décide à parler. Pourtant bien des fois j'ai hésité à reprendre la plume, restant immobile devant l'écran, sans grande conviction. Quelque chose a changé depuis un mois, et surtout depuis lundi. J'aime les lundis, sauf celui-ci. Curieusement, c'est lorsqu'on perd un être aimé que la vie nous rappelle combien elle vaut. Cette nuit, à l'aube, elle a fait un quart de tour, car j'ai rejoins dans mon passé une personne qui m'est chère. Alors, j'ai réussi à fermer cette porte coincée pour ouvrir à nouveau celle qui aurait dû toujours rester ouverte. Je pense avoir pris la bonne décision, dans le cas contraire et comme toujours, j'assumerai les conséquences. Vu l'heure tardive, 7h08, je retourne au lit et remets à plus tard la suite.


Empreinte (10 juin 2007 19h30)
Je ne me suis plus étendue sur le thème, car ma plume ne danse que lorsque rien ne va. A ces moments-là, le corps, envahi de toutes sortes de sentations, demande à les évacuer.
    Il y a longtemps que personne ne m'ôtait le sommeil. Or, quelqu'un a réussi dernièrement et pourtant je le connais à peine, pour ainsi dire pas du tout.

Última actualización: 12 mai 2003 a las 14h23 por Alysee
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