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Histoire d'un nick
C'était un jour comme un autre, mais dans un monde virtuel
qui pour un instant était devenu réel. Lasse d'être
la proie du chien de garde du 'réseau' et de ses deux mesquines
acolytes, poursuivie par un infatigable harceleur et dupée par un
faux-jeton manipulateur, je décidai d'enregistrer un nick de
réserve, pour le cas où il me deviendrait nécessaire
voire vital de leur faire perdre ma trace... tactique peu convaincante
j'en conviens vu le nombre réduit de connections
depuis mon pays. Ce détail n'étant cependant pas une preuve
irréfutable de mon identité, je laissai exister le doute et
fis confiance à ceux qui jusque-là m'avaient offert leur
amitié, sans pour autant oublier d'inventer d'autres origines
pour les trois lascars et leur meute de lamers lèche-bottes.
Pourquoi Alysee? Le nick
Ange était utilisé. Or, je me suis toujours fait un
devoir de ne pas prendre aux autres ce qui leur appartient. C'est
pourquoi, après en avoir essayé plusieurs, je me
lançai à la recherche d'un nom qui à la fois me
ressemblerait et serait nouveau pour toute la communauté virtuelle. La
première fois que je pensai à Alysee, je vaguais en songe
dans les eaux des Caraïbes, après avoir revu dans une
émission Tatum, un modèle connu à l'époque.
Elle parlait de son mari, disparu en mer, et de sa petite fille
Alizée, aujourd'hui chanteuse connue en France. C'était bien
longtemps avant que ce 'réseau' n'existe.
Dans mon rêve soufflaient les
vents chauds de ces magnifiques îles, les Alizés... avec
accent, impossible de l'utiliser, pensons donc: Alizes. Non!
aussi pris. Après quelques essais, je me décidai pour:
Alysee. C'est ainsi que naquit ce joli nom, originaire de la cellule de
Hadley. ;-)
Sur les chemins
parallèles Après une longue période
passée discrètement à l'ombre des channels plus ou
moins conventionnels et par un concours de circonstances qui
m'obligeât à solliciter l'aide d'un opérateur (cela ne
m'était arrivé qu'une dizaine de fois en 7 ans), je fis la
connaissance de celui qui allait devenir mon âme, ma vie.
Du haut d'une liste de vertus que d'autres se
plaisent à énumérer, moi... qui n'avait pour seul
vice reconnu que d'agacer et faire fuir les gens avec ma franchise et mon
exceptionnel don de manipulation, je me vis, emportée par la
curiosité et ma soif de connaissance, entrer dans un monde que
jusqu'alors j'associais à la plus pure et abjecte
déchéance, un lieu où la vertu était tabou et
où récompensés étaient celles et ceux qui
s'humiliaient, se rabaissaient, souffraient le martyr en mains et pour le
plaisir égoïste, cruel et sadique de leur bourreau. Voilà donc les préjugés tels que
l'ignorance me les dessinait, quand ce n'était pas
l'éducation reçue, un dogme, une propagande religieuse, la
famille... voilà ni plus ni moins, disais-je, que la censure de la
libre pensée.
Et alors que du fond d'un canal je me plaisais
à travailler mon analyse par ma méthode
préférée: observation, humour, cynisme et ironie, je
compris qu'une partie de ma vie avait toujours désiré se
fondre dans ce monde et l'adopter à sa manière. Je
revis aussitôt toutes mes années passées, perdues
à cultiver dignité, servitude, discipline, abstinence
souvent, au nom d'une vertu: la grandeur d'âme. Je me demandai
alors si cela en avait valu la peine, si le sacrifice était digne
de la prise de conscience de cette découverte et, surtout, si
j'avais réellement réussi! ou ne m'étais-je pas
plutôt laissée aveugler par mon ambition et avais-je
vécu comme une personne imbue d'elle-même.
Ne croyez pas que d'ange je me sois convertie
en démon, au contraire. Mon but n'a été que de
m'améliorer, au fur et à mesure que je buvais cette
expérience, aux côtés d'un usager que j'avais
élu comme ma victime... oui, vous avez bien lu: victime. J'avais
décidé de lui jeter un sort, le convertir en un être
de lumière, de changer ses vices en vertus, de le sortir de ce
gouffre que je pensais maléfique et le ramener dans mon monde,
celui que jusqu'à ce jour je considérais comme le seul et
unique digne d'y vivre en harmonie.
Mon travail commençât par le choix
d'un nouveau ircname. Jusqu'à présent je portais celui de
'coto de caza privado' (chasse gardée). Je me décidai
pour 'guardando il diavolo negli occhi' (en regardant le diable
dans les yeux). De même le canal principal fut
réactivé, après un long sommeil, et reçu le
topic de 'Seule une âme noble sait regarder le diable en face et lui
faire baisser les yeux'. Oui, vous voyez, la modestie était
ignorée volontairement. Cela était nécessaire pour me
permettre de progresser dans ma recherche du bien enfoui dans cet
être qui se plaisait à se vautrer dans la luxure en adoptant
un mode de vie de plus en plus indécent. Il était la
dépravation même et mon devoir était de le sauver.
Or, bien plus tard, je me rendis compte qu'en fait
ni lui ni moi n'avions autant de vertus ni de vices, mais étions
tout simplement des êtres normaux, valorisant jour après jour
le bien et le mal selon nos principes et scrupules. De même il me
fut clair que mon ancien ircname 'chasse gardée' continuait
d'exister en moi. Dans toute sa splendeur il me rappelait à son
souvenir. Je réalisai que j'étais devenue une chasse
gardée, la sienne... celle de ma proie. Alors dans les moments
de délires ma nature dominante s'effaçait, laissant place
à un rêve inavoué: je vivais en minuscules, avec un
collier de soumise, voire même d'esclave, alys{...}. Comme vous le
comprendrez, la discrétion m'oblige à ne pas écrire
ses initiales.
Entre songe et mensonge Il y
a des rêves si intenses, si délicieusement longs, qu'ils
semblent réels. Plongée dans un merveilleux nuage, je
me délectais ignorant les signes avant-coureurs de mon imminente
chute... signes qui tout à coup me firent perdre l'équilibre
et tomber ainsi précipitamment dans la vérité. Je
pris alors conscience avec une grande tristesse que ce n'était
qu'un songe et ressentit un froid insupportable. La peur s'empara de moi,
m'entraînant dans le vide avec un grand sentiment de solitude et de
misère. Je me débattis, en appellai à
la logique, à la sincérité. J'essayais de comprendre.
Je me remis en mode observation et mon analyse demontrât que
j'avais ignoré certains signes précurseurs, certaines normes
lamentablement essentielles pour que le rêve se réalise,
d'insignifiants détails qui déjà annonçaient
la fin. Oui, depuis le commencement, la fin était écrite,
car pour vivre ses rêves, ce rêve!, il fallait être
deux.
Je n'ai commis qu'une faute: je voulais, comme
tous, pour un instant moi aussi avoir droit au bonheur, celui qu'eux ont
et cachent derrière leur égocentrisme. Je ne pouvais m'en
prendre qu'à moi-même, pour avoir cru, pensé, fait
confiance, avoir eu foi en l'amour, avoir... trop aimé. Et pourtant
je ne peux admettre que tout ceci n'est qu'une utopie, dès lors que
si moi je suis capable de vivre cela, d'autres aussi!! non? Si je ne suis
pas la seule, où sont donc alors les autres? quand vais-je les
rencontrer? trop tard? jamais? Une question, en un mot, juste un... qui
pourra répondre?: pourquoi?
Que de tourmentes! Bien du
temps passa jusqu'à ce que je reprenne la plume. Tant de jours
tristes et de nuits agitées à essayer de comprendre ce qui
arrivait. Combien de questions et d'heures passées
à revivre ces si belles semaines de rêve... je ne les compte
plus. Quel merveilleux souvenir!! témoin d'un passé trop
court et intense, trop vite vécu pour lui permettre de créer
des racines qui se seraient prolongées sinon dans le futur au
moins dans le présent.
Il fallait qu'il s'en aille, il fallait nous
séparer. M'étais-je trompée? Qu'elle erreur avais-je
commise? Pourquoi devais-je tout le temps lui reprocher sa façon de
vivre? Pourquoi vouloir le changer? Il m'avait attiré ainsi,
pourquoi donc vouloir qu'il adhère ensuite à mes concepts,
mes principes, qu'il ait mes scrupules? A tâtons dans mes
idées embrouillées je cherchais la réponse. En
même temps, croyant pouvoir arranger les choses, je l'appellais, le
suppliais de m'expliquer, de me dire que faire pour reprendre mon
rêve. Mais le voulais-je vraiment? Sentant qu'il vivait ses propres
tourmentes, avais-je le droit de lui imposer les miennes?
Il me demandait du temps, de la patience, beaucoup
de patience et encore du temps. Ma nature passionnée se rebellait,
elle ne pouvait accéder à sa demande. Elle avait besoin de
son contact. Mon désir redemandait à être
partagé, consumé. Mais il insistait, il ne voulait plus de
discussion, plus de nuits blanches, juste un peu de patience. Aussi, je le
perdis. Les heures passées ensemble, jour après jour, sans
relâche, sans écouter la fatigue, devinrent des secondes
parsemées dans la semaine, où un simple bonjour
était déjà trop parler. Je dûs m'y faire, le
laisser libre de vivre à son rythme et espérer qu'un
jour il me reviendrait, au moins comme ami... au moins ainsi.
14 avril - 12 mai 2003
Alma rota (31
mars 2007 5h51)
Ce ne fût pas le cas. Aujourd'hui je me décide à
parler. Pourtant bien des fois j'ai hésité à
reprendre la plume, restant immobile devant l'écran, sans grande
conviction. Quelque chose a changé depuis un mois, et surtout
depuis lundi. J'aime les lundis, sauf celui-ci. Curieusement, c'est
lorsqu'on perd un être aimé que la vie nous rappelle combien
elle vaut. Cette nuit, à l'aube, elle a fait un quart de tour, car j'ai
rejoins dans mon passé une personne qui m'est chère. Alors,
j'ai réussi à fermer cette porte coincée pour ouvrir
à nouveau celle qui aurait dû toujours rester ouverte.
Je pense avoir pris la bonne décision, dans le cas contraire et
comme toujours, j'assumerai les conséquences. Vu l'heure tardive,
7h08, je retourne au lit et remets à plus tard la suite.
Empreinte (10
juin 2007 19h30)
Je ne me suis plus étendue sur le thème, car ma plume ne
danse que lorsque rien ne va. A ces moments-là, le corps, envahi de
toutes sortes de sentations, demande à les évacuer.
Il y a longtemps que personne ne m'ôtait le
sommeil. Or, quelqu'un a réussi dernièrement et pourtant je
le connais à peine, pour ainsi dire pas du tout.
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